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Réduire les déchets pharmaceutiques : de petits changements aux effets considérables pour la durabilité à L’Hôpital d’Ottawa 

 
A view into a medical waste container showing a large collection of discarded inhalers.

Des produits pharmaceutiques aux hôpitaux, le secteur de la santé représente environ 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Cela soulève la question suivante : les hôpitaux peuvent-ils prendre soin de nos communautés tout en prenant mieux soin de notre planète?

Consciente de la nécessité croissante de prendre en compte le « coût carbone » des soins de santé, l’équipe de la Pharmacie de L’Hôpital d’Ottawa a mené des recherches qui montrent que des changements réfléchis et pratiques peuvent permettre d’obtenir les mêmes résultats pour les patients tout en réduisant les effets sur l’environnement.

Zoom sur les déchets liés aux aérosols-doseurs

L’un des exemples les plus frappants provient d’une étude menée par l’équipe pharmaceutique sur les aérosols-doseurs utilisés pour traiter les patients atteints de troubles respiratoires tels que l’asthme ou la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC). Les plus courants de ces dispositifs sont les aérosols-doseurs, souvent appelés « pompes ».

L’étude a analysé les prescriptions, l’utilisation et les retours d’aérosols-doseurs chez 100 patients sur une période de cinq mois.

Au total, 315 aérosols-doseurs ont été prescrits, soit environ 3 par patient au cours d’un seul séjour, souvent parce que les dispositifs sont oubliés lorsque les patients se déplacent d’une unité à l’autre au sein de l’Hôpital.

Les résultats les plus frappants? Seuls 8 % de toutes les doses délivrées ont été utilisées par les patients.

Oui, vous avez bien lu : 92 % des doses n’ont pas été utilisées et ont été gaspillées.

Cela a des implications environnementales importantes. Les aérosols-doseurs utilisent des propulseurs à base d’hydrofluorocarbures – de puissants gaz à effet de serre – pour administrer des médicaments s aux patients qui ne sont pas en mesure de les inhaler par eux-mêmes. Lorsque les pompes retournées sont détruites, généralement par incinération, les gaz restants sont libérés dans l’atmosphère.  

Les émissions annuelles estimées provenant de ces doses gaspillées s’élèvent à 315 tonnes d’équivalent dioxyde de carbone (tCO2e), ce qui équivaut approximativement à faire 31 fois le tour de l’équateur en voiture. 

Ce problème n’est toutefois pas propre à l’Hôpital. Des schémas de gaspillage similaires sont observés dans d’autres hôpitaux au Canada et dans le monde entier.

Solutions pratiques pour réduire le gaspillage

Pour lutter contre le gaspillage lié aux aérosols-doseurs, notre équipe de la Pharmacie a mis au point une série de stratégies ciblant leur utilisation, leur suivi et leur élimination. 

L’un des changements les plus concrets s’est également révélé l’un des plus efficaces.

« Nous avons mis en place des scellés inviolables sur nos aérosols-doseurs », explique le Dr Salmaan Kanji, spécialiste en pharmacie clinique et chercheur clinicien à L’Hôpital d’Ottawa et à notre Institut de recherche. « Ce petit autocollant recouvre le réservoir et le bouchon du dispositif, ce qui nous permet désormais de savoir s’il a été ouvert ou utilisé. Si le scellé est intact lors de son retour, la pompe peut être remise directement en stock pour d’autres patients. »

Le Dr Kanji explique qu’il s’agit là d’un parfait exemple de la façon dont de petits changements peuvent mener à des gains significatifs en matière de durabilité.

« C’est une avancée majeure pour nous, dit-il. Une pompe sur trois était retournée sans preuve que le patient avait reçu une dose. Désormais, nous pouvons déterminer si la pompe a été ouverte, utilisée ou altérée; cette mesure à elle seule a donc le potentiel de réduire les déchets d’un tiers. »

Parmi les autres solutions à long terme visant à renforcer les efforts de réduction des déchets pharmaceutiques à l’Hôpital, notamment en ce qui concerne les aérosols-doseurs, on peut citer :

  • La participation à un nouveau programme de recyclage des aérosols-doseurs qui détourne les dispositifs usagés de l’incinération afin que leurs composants en plastique et en métal puissent être recyclés.
  • La multiplication d’actions de sensibilisation et de mobilisation en faveur de formats d’aérosols-doseurs plus petits, mieux adaptés aux séjours hospitaliers de courte durée, par exemple 30 doses par dispositif au lieu de 200. 
  • Dans les cas appropriés, la prescription de dispositifs alternatifs tels que les aérosols-doseurs à poudre sèche ou à brume fine, qui n’utilisent pas de propulseurs et ont des effets bien moindres sur l’environnement.

« Ce dernier point est important lorsque nous évaluons l’empreinte carbone des traitements, explique le Dr Kanji. S’il existe deux traitements d’une efficacité équivalente, nous devrions choisir celui qui est le plus respectueux de l’environnement, à condition que le patient n’y voie pas d’inconvénient. »

Le Dr Salmaan Kanji, spécialiste en pharmacie clinique et chercheur clinicien
Le Dr Salmaan Kanji est spécialiste en pharmacie clinique et chercheur clinicien à L’Hôpital d’Ottawa et à notre Institut de recherche. Le Dr Kanji a dirigé les travaux de recherche de l’équipe pharmaceutique sur les déchets d’aérosols-doseurs et les retours de médicaments, qui ont abouti à des solutions concrètes pour réduire les déchets médicaux et les émissions de gaz à effet de serre à L’Hôpital d’Ottawa.

Remédier au gaspillage de médicaments à plus grande échelle

Une autre étude menée par l’équipe de la Pharmacie a examiné les retours de médicaments sur une période d’un mois, et a révélé que près de 38 000 doses individuelles de médicaments avaient été retournées depuis les unités de nos campus Civic et Général.

La plupart des médicaments retournés peuvent être remis en stock en toute sécurité s’ils ont été conservés correctement, s’ils sont triés rapidement et s’ils ne sont ni périmés ni altérés. Dans cette étude, seuls environ 8,5 % des médicaments retournés ont dû être jetés, mais cela représente tout de même des coûts financiers et environnementaux importants. Sur une année, cela s’élève à des centaines de milliers de dollars et à plus de 41 tonnes d’émissions de carbone liées à la production et à l’élimination.

Ces conclusions ont déjà conduit à des changements concrets au sein de l’Hôpital.

Les retours de médicaments sont désormais traités en priorité pour une évaluation rapide, ce qui réduit le risque de péremption et d’élimination. Des « fiches d’évaluation » au niveau des unités ont également été mises en place, ce qui permet à nos équipes cliniques de savoir exactement quelle quantité de médicaments est retournée et gaspillée.

Tout en réduisant les effets environnementaux, ces changements aident les équipes à ajuster les quantités de médicaments stockées et distribuées dans les unités afin de mieux répondre aux besoins des patients.

Construire un système de santé plus durable

Ensemble, ces efforts contribuent à instaurer une culture où les effets environnementaux font partie intégrante du processus décisionnel quotidien à l’Hôpital, sans pour autant compromettre la qualité des soins aux patients. 

Grâce à la recherche, à la formation et à la collaboration, le Dr Kanji affirme que ces innovations contribuent à enrichir un corpus de travaux sur la durabilité dans le domaine des soins de santé, qui en est encore à ses débuts en Amérique du Nord.

« Je pense que nous faisons partie d’un petit groupe d’hôpitaux canadiens qui mènent cette initiative. »

 
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