
Le Dr Peter Boyles, psychiatre urgentologue de l’Hôpital (à gauche), et le policier Stéphane Quesnel échangent de l’information pour être prêts lorsqu’ils rencontrent des patients éventuels.
La patiente semblait calme lorsqu’elle a ouvert la porte au Dr Peter Boyles et aux trois policiers. Mais l’observation préalable du policier Stéphane Quesnel s’est révélée exacte : plus un patient parle, plus son besoin d’aide devient évident.
La dame affirmait que des gens s’étaient introduits chez elle, l’espionnaient, lui avaient enlevé ses enfants et ses animaux et voulaient la brûler vive. Elle disait aussi être enceinte de Satan.
Les policiers passent généralement 20 % de leur temps sur des cas de maladie mentale. Voilà pourquoi la participation du Dr Boyles (et des autres membres de l’Équipe mobile de crise de l’Hôpital) aux patrouilles d’après-midi en semaine est si utile. Un protocole d’entente permet à l’Hôpital et à l’Unité de santé mentale du Service de police d’Ottawa de se transmettre des renseignements sur les patients. Le Dr Boyles peut ainsi distinguer un besoin d’aide médicale d’une simple crise de colère.
« Lorsque vous savez à quoi vous avez affaire, vous pouvez mieux le gérer, explique-t-il. Nous rencontrons des gens qui n’iraient jamais consulter un professionnel. Pour moi, c’est une question de qualité des soins. »
En route, l’agent Quesnel a consulté les dossiers de la police et appris que la femme en question avait déjà arrêté des voitures, empilé des poubelles dans un stationnement et proféré des menaces. Elle avait même tenté de fumer une carapace d’écrevisse. De son côté, le Dr Boyles a consulté sur iPad le dossier médical de la patiente pour constater qu’elle est atteinte d’un trouble mental, mais refuse souvent de voir son médecin et de prendre ses médicaments. Selon lui, elle aurait à nouveau cessé de les prendre.
Une fois rendus chez elle, le Dr Boyles a hoché de la tête et l’agent Quesnel a retourné doucement la patiente, lui a passé les menottes, puis l’a fait monter dans une voiture de police « fantôme ».
« Nous allons maintenant accélérer le processus pour elle », explique le Dr Boyles. Au Campus Civic, elle est entrée par la porte arrière de l’Urgence psychiatrique, sans passer dans la salle d’attente.
« Si un patrouilleur l’avait amenée ici, elle aurait attendu quatre heures », explique l’agent Quesnel. Ce partenariat permet d’économiser chaque année environ 918 heures de travail aux policiers, en plus de prévenir de nombreuses visites à l’Urgence.
Vingt minutes plus tard, le Dr Boyles et l’agent étaient de retour sur la route.
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