
Comme vous le savez peut-être, on a recours à des greffes de cellules souches pour traiter les patients atteints d’une maladie du sang qui menace leur vie, comme la leucémie et le lymphome. Saviez-vous cependant que bon nombre de ces patients sont incapables de trouver un donneur compatible? Même après avoir cherché au sein de leur famille et dans un registre de donneurs national et international, il se peut que les patients ne trouvent aucune personne compatible. Or, les gènes qui contrôlent le système immunitaire du patient doivent être compatibles avec ceux du donneur afin d’éviter le rejet et les complications graves comme la maladie du greffon contre l’hôte, où le greffon s’attaque aux organes et aux tissus du receveur. D’après mon expérience, l’une des raisons expliquant le nombre croissant de patients qui n’arrivent pas à trouver un donneur est qu’il y a de plus en plus de personnes d’origine ethnique mixte au Canada. Une banque de sang ombilical peut aider à combler cette lacune . Elle permet en effet d’obtenir des cellules qui suivent l’évolution ethnique de la population puisque les nouveau-nés d’aujourd’hui forment le tissu social de demain.
J’ai le plaisir de vous annoncer que L’Hôpital d’Ottawa s’est allié à la Société canadienne du sang en vue de créer une nouvelle banque publique de sang ombilical. Notre rôle consiste à recueillir et entreposer le sang de cordon ombilical pour alimenter la banque. Ce sang est riche en cellules souches et il sert de plus en plus dans les greffes. La collecte et l’entreposage de sang ombilical constituent, selon moi, la meilleure façon de suivre les mutations génétiques de la société canadienne, un facteur qui a une grande incidence sur la compatibilité d’un donneur.
Nous avons déjà commencé à recueillir des unités de sang de cordon ombilical à Ottawa et les utilisons pour tester nos processus et nos systèmes avant le lancement officiel de la banque en avril 2013. L’alimentation de la nouvelle banque publique de sang ombilical débute à Ottawa et s’étendra à Toronto, Edmonton et Vancouver. D’un bout à l’autre du pays, on pourra ainsi recueillir des unités de sang ombilical d’une grande variété de groupes ethniques. À Ottawa, les médecins, sages-femmes et infirmières de L’Hôpital d’Ottawa travaillent en étroite collaboration avec la Société canadienne du sang pour obtenir les unités de sang qui formeront la première banque publique de sang ombilical au Canada.
Voici comment ça fonctionne. Les cellules souches d’un bébé avant sa naissance circulent dans son corps, le cordon ombilical et le placenta. Après la naissance, on coupe le cordon ombilical et on sépare ainsi le bébé du placenta et de la mère. Le placenta suit quelques minutes après la naissance du bébé. Le placenta contient un tiers à une demi-tasse de sang riche en cellules souches qu’on recueille après l’accouchement pour ne pas interrompre les soins à la mère et au nouveau-né. On effectue ensuite des analyses pour déterminer si le sang de cordon ombilical sera congelé et entreposé pour servir plus tard. L’unité de sang de cordon ombilical est ensuite inscrite au registre du réseau de moelle et de cellules souches UniVie. Elle peut ainsi servir à tout patient qui a besoin d’une greffe, au Canada ou à l’étranger. La bonne nouvelle, c’est que nos patients auront de meilleures chances de trouver ce dont ils ont besoin plus que tout : des cellules souches compatibles.
David Allan, MD, FRCPC
Hématologue, L’Hôpital d’Ottawa
Directeur médical, banque publique de sang ombilical UniVie, Société canadienne du sang
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