Cinq mesures pour créer des espaces plus sécuritaires pour les patients autochtones et leur famille

L’auteure et membre du Conseil des gouverneurs de L’Hôpital d’Ottawa, Rose LeMay, s’est entretenue avec Julie Cafley, vice-rectrice à la francophonie et aux relations externes et communautaires de l’Université d’Ottawa, lors d’une causerie tenue à notre Campus Général en septembre.

L’auteure et membre du Conseil des gouverneurs de L’Hôpital d’Ottawa, Rose LeMay, s’est entretenue avec Julie Cafley, vice-rectrice à la francophonie et aux relations externes et communautaires de l’Université d’Ottawa, lors d’une causerie tenue à notre Campus Général en septembre.

Chacun mérite de pouvoir entrer dans n’importe quel endroit de L’Hôpital d’Ottawa et de s’y sentir en sécurité.

Dans le cadre du parcours de notre hôpital vers la réconciliation et de notre engagement à garantir l’accès à des soins sécuritaires aux Premières Nations, aux Inuits et aux Métis, nous avons organisé ce mois-ci une causerie avec l’auteure et membre du Conseil des gouverneurs de L’Hôpital d’Ottawa, Rose LeMay. Originaire de la Première Nation Taku River Tlingit de la Colombie-Britannique, Rose a sensibilisé plus de 15 000 personnes à la réconciliation et à la lutte contre le racisme. 

Animée par Julie Cafley, vice-rectrice à la francophonie et aux relations externes et communautaires de l’Université d’Ottawa, la discussion avait pour point de départ le livre à succès de Rose LeMay, Ally is a Verb. Il était question de la façon dont les personnes non autochtones occupant différents postes au sein du système de santé peuvent intégrer l’alliance inclusive dans leur travail auprès des patients et des familles et avec leurs collègues.

Les participants sont repartis avec une meilleure compréhension de leur responsabilité dans la lutte contre le racisme envers les personnes autochtones dans le système de santé, ainsi qu’avec des recommandations pratiques, résumées ci-dessous, sur la manière de devenir de meilleurs alliés.

1. Prenez le temps de découvrir l’histoire

Rose a expliqué que, l’année dernière, la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et d’infirmiers avait présenté des excuses publiques pour les torts causés aux peuples autochtones, tant par le passé qu’aujourd’hui, dans le système de santé. Ces excuses ont évoqué la manière dont le système de santé a négligé les enfants placés dans les pensionnats et les graves préjudices infligés dans les « hôpitaux pour les Indiens ». 

« Plus on connaît l’histoire, plus la nécessité de la réconciliation est claire », a-t-elle dit. 

Un bon point de départ est le site Web du Centre national pour la vérité et la réconciliation.

2. Renseignez-vous sur votre propre culture

Rose estime que l’une des meilleures choses que l’on puisse faire pour améliorer la sécurité des patients est de bien connaître sa propre histoire personnelle et familiale. 

« Plus on connaît sa propre culture, plus on est capable de créer délibérément un espace sécuritaire pour les personnes issues d’autres cultures, avec curiosité et respect », a-t-elle déclaré. 

Elle a donné l’exemple d’un enfant qui se comporte mal en public. Certains groupes culturels peuvent estimer que ce comportement est acceptable, tandis que d’autres peuvent le juger inapproprié. 

« Ce genre de réaction qui vous fait ressentir instinctivement que “c’est comme ça qu’il faut faire”, cela vient principalement de votre culture, de tout ce qui vous a été inculqué inconsciemment au cours de votre enfance et votre jeunesse », a-t-elle dit. 

Elle encourage les professionnels de la santé à apprendre à reconnaître cette réaction intense face à certains événements et à mettre de côté leurs a priori culturels.

« C’est ça, la compétence culturelle », a-t-elle souligné. 

3. Luttez contre le racisme chaque fois qu’il se manifeste

Toute forme de racisme met en danger la sécurité des patients.

« Si vous êtes témoin d’un acte de racisme dans le couloir, que ce soit de la part de collègues ou même entre patients, vous avez le devoir professionnel d’intervenir, a déclaré Rose. Le silence est perçu comme un signe de soutien ou comme signe que vous ne vous en souciez pas. » 

Elle a souligné que cela n’avait pas besoin d’être compliqué : il suffit d’un simple « Hé, qu’est-ce qui se passe ici? » pour signaler que vous avez constaté ce qui se passe et faire comprendre que cela ne sera pas toléré.

4. Abordez toutes vos interactions avec humilité

Même un geste aussi simple que la manière dont vous vous présentez à un patient peut créer un sentiment de sécurité. 

Lorsqu’on rencontre un patient, Rose recommande de se présenter et d’expliquer en quoi on est là pour aider. Demandez ensuite : « Est-ce que cela vous convient? » Cette simple question rétablit l’équilibre des rapports de force et donne au patient le sentiment d’avoir le contrôle de ses soins. 

Rose a ensuite évoqué la « théorie de la pause », qui désigne le laps de temps qui s’écoule entre le moment où une personne pose une question et celui où l’on y répond. Dans la majeure partie du Canada, la durée moyenne de la pause est de deux secondes. Pour les Inuits, cette pause est beaucoup plus longue, elle peut même aller jusqu’à deux minutes. Pour des raisons culturelles, les Inuits attendent les uns des autres qu’ils réfléchissent sérieusement à la question et à la réponse.

Il faut apprendre à se sentir à l’aise avec le silence, a insisté Rose.

« Ralentissez. Prenez plus de temps. Attendez les réponses », a-t-elle dit.

5. La sécurité commence par les employés autochtones

Rose a déclaré que les organismes qui réussissent le mieux dans leurs efforts de réconciliation comptent parmi leurs rangs des responsables de haut niveau qui se consacrent à la mise en œuvre du changement et qui s’engagent à communiquer régulièrement et à faire le point sur les progrès réalisés.

Elle a également souligné l’importance de veiller à la sécurité et au mieux-être du personnel autochtone et a expliqué en quoi cela constituait le fondement de soins culturellement sécuritaires. Cela fait partie du rôle du Réseau des employés autochtones de L’Hôpital d’Ottawa, dont l’objectif est de procurer un espace sécuritaire aux employés membres de Premières Nations, inuits et métis et à leur famille et de favoriser leur sentiment d’appartenance.