{"id":2835,"date":"2014-07-24T11:59:46","date_gmt":"2014-07-24T15:59:46","guid":{"rendered":"http:\/\/52.229.122.34\/fr\/?p=2835"},"modified":"2017-04-03T11:43:01","modified_gmt":"2017-04-03T15:43:01","slug":"un-anticoagulant-couramment-prescrit-aux-femmes-enceintes-se-revele-inefficace-selon-une-etude-publiee-dans-the-lancet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ottawahospital.on.ca\/fr\/salle-de-presse\/un-anticoagulant-couramment-prescrit-aux-femmes-enceintes-se-revele-inefficace-selon-une-etude-publiee-dans-the-lancet\/","title":{"rendered":"Un anticoagulant couramment prescrit aux femmes enceintes se r\u00e9v\u00e8le inefficace selon une \u00e9tude publi\u00e9e dans The Lancet"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" class=\"img-responsive alignright\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/AngelaDonatucci-LMWHinjection300FR.jpg\" alt=\"Angela Donatucci LMWH injection\" width=\"300\" height=\"657\" \/><strong>Le 24 juillet 2014<\/strong> \u2013 Les femmes enceintes qui risquent d\u2019avoir des caillots de sang se font une injection dans l\u2019abdomen chaque jour, mais celle-ci se r\u00e9v\u00e8le inefficace d\u2019apr\u00e8s les r\u00e9sultats d\u2019un essai clinique dirig\u00e9 par des chercheurs de L\u2019H\u00f4pital d\u2019Ottawa et publi\u00e9s aujourd\u2019hui dans la prestigieuse revue m\u00e9dicale <em><a href=\"https:\/\/www.thelancet.com\/journals\/lancet\/article\/PIIS0140-6736(14)60793-5\/abstract\" target=\"_blank\">The Lancet<\/a><\/em>.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 une femme enceinte sur dix pr\u00e9sente une pr\u00e9disposition \u00e0 avoir des caillots de sang dans les veines, un trouble que l\u2019on appelle la thrombophilie. Depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, les m\u00e9decins leur prescrivent bien souvent de l\u2019h\u00e9parine de faible poids mol\u00e9culaire (anticoagulant) pour pr\u00e9venir les complications qui pourraient survenir si un caillot se formait dans le placenta. Les femmes doivent se faire une injection par jour, ce qui n\u00e9cessite des centaines d\u2019aiguilles tout au long de la grossesse. C\u2019est un processus douloureux et d\u00e9moralisant.<\/p>\n<p>Un essai clinique al\u00e9atoire dirig\u00e9 par le D<sup>r<\/sup> Marc Rodger, scientifique principal \u00e0 l\u2019Institut de recherche de l\u2019H\u00f4pital d\u2019Ottawa et directeur du Programme de thrombose \u00e0 L\u2019H\u00f4pital d\u2019Ottawa, fournit aujourd\u2019hui des preuves concluantes que cet anticoagulant ne pr\u00e9sente aucun avantage pour la m\u00e8re et le b\u00e9b\u00e9. L\u2019essai montre plut\u00f4t qu\u2019il pourrait causer des effets nuisibles mineurs : augmentation des saignements et des d\u00e9clenchements du travail et r\u00e9duction de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019anesth\u00e9sie pendant l\u2019accouchement.<\/p>\n<p>\u00ab Gr\u00e2ce \u00e0 ces r\u00e9sultats, beaucoup de femmes dans le monde entier n\u2019auront plus \u00e0 faire des injections douloureuses inutiles pendant leur grossesse \u00bb, explique le D<sup>r<\/sup> Rodger, qui enseigne aussi \u00e0 la Facult\u00e9 de m\u00e9decine de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa. \u00ab L\u2019h\u00e9parine de faible poids mol\u00e9culaire m\u00e9dicalise inutilement la grossesse, en plus d\u2019augmenter le co\u00fbt des soins. \u00bb<\/p>\n<p>Les m\u00e9decins prescrivent cet anticoagulant depuis les ann\u00e9es 1990 pour traiter les femmes enceintes thrombophiles m\u00eame si personne n\u2019a jamais r\u00e9alis\u00e9 d\u2019essai clinique al\u00e9atoire multicentrique pour prouver son efficacit\u00e9. Bien des m\u00e9decins le prescrivent aussi aux femmes enceintes thrombophiles ou non pour pr\u00e9venir la formation de caillots de sang dans le placenta qui pourraient causer une fausse couche, une pr\u00e9\u00e9clampsie (hypertension art\u00e9rielle), un d\u00e9collement du placenta (saignements importants) et un retard de croissance intra-ut\u00e9rin (b\u00e9b\u00e9 de faible poids \u00e0 la naissance). Ils le prescrivent aussi pour pr\u00e9venir une thrombose veineuse profonde (caillots de sang dans les veines des jambes) et une embolie pulmonaire (caillots de sang dans les poumons).<\/p>\n<p>\u00ab J\u2019aurais aim\u00e9 prouver que l\u2019h\u00e9parine de faible poids mol\u00e9culaire pr\u00e9vient les complications, mais j\u2019ai plut\u00f4t prouv\u00e9 le contraire, ajoute le D<sup>r<\/sup> Rodger. Je suis toutefois tr\u00e8s content qu\u2019on puisse dor\u00e9navant \u00e9viter aux femmes toutes ces injections inutiles. \u00bb<\/p>\n<p>Allison McIntosh, avocate de 34 ans au minist\u00e8re de la Justice \u00e0 Ottawa, comprend la douleur et le d\u00e9couragement des femmes qui comptent sur les injections de l\u2019anticoagulant pour mener leur b\u00e9b\u00e9 \u00e0 terme. Apr\u00e8s deux fausses couches, M<sup>me<\/sup> McIntosh a pris ce type d\u2019h\u00e9parine pendant sa troisi\u00e8me grossesse. Elle s\u2019est donn\u00e9 une injection chaque jour pendant deux mois et demi avant de se rendre compte que le traitement ne fonctionnait pas, car elle a fait une troisi\u00e8me fausse couche.<\/p>\n<p>\u00ab J\u2019ai travers\u00e9 une p\u00e9riode difficile lorsque j\u2019ai constat\u00e9 que les injections n\u2019avaient pas fonctionn\u00e9, confie-t-elle. Je pensais vraiment que cela allait m\u2019aider. J\u2019ai un peu perdu espoir apr\u00e8s cette troisi\u00e8me fausse couche. \u00bb<\/p>\n<p>M<sup>me<\/sup> McIntosh est maintenant enceinte de six mois. Elle et son mari, Jeremy Gaudet, ont toutefois d\u00e9cid\u00e9 de renoncer \u00e0 toute injection cette fois. Elle n\u2019est pas surprise d\u2019apprendre que l\u2019h\u00e9parine de faible poids mol\u00e9culaire n\u2019est pas efficace pour pr\u00e9venir les caillots de sang chez les femmes enceintes.<\/p>\n<p>\u00ab Je suis triste pour les personnes qui s\u2019astreignent \u00e0 ce processus, ajoute M<sup>me<\/sup> McIntosh. Elles peuvent \u00eatre d\u00e9\u00e7ues si les injections sont leur seul espoir. \u00bb<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"img-responsive alignright\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/AmyMillsAndFamilyFR.jpg\" alt=\"Amy Mills and Family\" width=\"350\" height=\"302\" \/>Amy Mills, 35 ans et m\u00e8re de deux jeunes enfants, abonde dans le m\u00eame sens. Elle est m\u00eame soulag\u00e9e d\u2019apprendre qu\u2019une \u00e9tude prouve maintenant que le traitement \u00e0 l\u2019h\u00e9parine de faible poids mol\u00e9culaire est inefficace. M<sup>me<\/sup> Mills, gestionnaire chez McCaskie TV &amp; Stereo \u00e0 Bancroft, en Ontario, a particip\u00e9 \u00e0 l\u2019essai du D<sup>r<\/sup> Rodger apr\u00e8s avoir d\u00e9couvert qu\u2019elle \u00e9tait pr\u00e9dispos\u00e9e \u00e0 la formation de caillots de sang. Elle s\u2019est donn\u00e9 plus de 400 injections de l\u2019anticoagulant pendant sa grossesse, parfois m\u00eame deux par jour, ce qui lui a caus\u00e9 beaucoup de bleus et de douleur.<\/p>\n<p>\u00ab J\u2019avais mal \u00e0 chaque injection, affirme-t-elle. La plupart des femmes sont fi\u00e8res de montrer leur ventre, mais pas moi. J\u2019avais tellement de bleus que je pr\u00e9f\u00e9rais la cacher. \u00bb<\/p>\n<p>M<sup>me<\/sup> Mills et son mari Jeff, charpentier, sont aujourd\u2019hui fiers d\u2019\u00eatre les parents de Mikayla, sept ans, et de Joshua, cinq ans. M<sup>me<\/sup> Mills est heureuse d\u2019avoir particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tude du D<sup>r<\/sup> Rodger et ainsi emp\u00each\u00e9 d\u2019autres femmes d\u2019endurer cette exp\u00e9rience. Pour pr\u00e9venir la formation de caillots sanguins lors de sa seconde grossesse, elle a simplement pris de l\u2019Aspirin pour b\u00e9b\u00e9 tous les jours.<\/p>\n<p>Le D<sup>r<\/sup> Rodger a r\u00e9alis\u00e9 l\u2019essai clinique sur une p\u00e9riode de 12 ans aupr\u00e8s de 292 femmes trait\u00e9es dans 36 centres situ\u00e9s dans cinq pays. Les r\u00e9sultats de l\u2019essai sont parus en ligne aujourd\u2019hui et para\u00eetront dans un prochain num\u00e9ro de la revue <em>The Lancet<\/em>, une des plus vieilles et prestigieuses revues m\u00e9dicales au monde. Ils font aussi l\u2019objet d\u2019un <em>Comment<\/em> publi\u00e9 aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>\u00ab Gr\u00e2ce aux r\u00e9sultats de l\u2019essai du D<sup>r<\/sup> Rodger, bien des femmes n\u2019auront pas \u00e0 s\u2019administrer des centaines d\u2019injections inutiles et douloureuses. Les r\u00e9sultats montrent aussi l\u2019importance de mener des essais cliniques rigoureux et bien con\u00e7us, ce dont nous tirons une grande fiert\u00e9 \u00e0 l\u2019Institut de recherche de l\u2019H\u00f4pital d\u2019Ottawa \u00bb, pr\u00e9cise le D<sup>r<\/sup> Duncan Stewart, PDG et directeur scientifique de l\u2019Institut de recherche de l\u2019H\u00f4pital d\u2019Ottawa, vice-pr\u00e9sident de la Recherche \u00e0 L\u2019H\u00f4pital d\u2019Ottawa et professeur de m\u00e9decine \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa.<\/p>\n<p>Le D<sup>r<\/sup> Rodger esp\u00e8re que les m\u00e9decins cesseront de prescrire de l\u2019h\u00e9parine de faible poids mol\u00e9culaire aux femmes enceintes thrombophiles ou qui ont d\u00e9j\u00e0 eu des complications pendant une grossesse si ce n\u2019est pas justifi\u00e9. Il esp\u00e8re aussi que les r\u00e9sultats de son \u00e9tude susciteront une r\u00e9flexion objective dans la communaut\u00e9 m\u00e9dicale et favoriseront les traitements fond\u00e9s sur des donn\u00e9es probantes.<\/p>\n<p>\u00ab Ces r\u00e9sultats nous permettent de progresser et d\u2019explorer d\u2019autres m\u00e9thodes potentiellement efficaces pour aider les femmes thrombophiles ou traiter les complications caus\u00e9es par des caillots de sang dans le placenta \u00bb, poursuit le D<sup>r<\/sup> Rodger.<\/p>\n<p>Par ailleurs, les anticoagulants pourraient \u00eatre efficaces pour pr\u00e9venir les fausses couches r\u00e9currentes caus\u00e9es par un type de thrombophilie en particulier (anticorps antiphospholipidiques). De plus, on conseille \u00e0 certaines femmes enceintes de prendre de faibles doses d\u2019Aspirin pour pr\u00e9venir les complications pendant la grossesse. Toutes les femmes thrombophiles doivent prendre des anticoagulants pour pr\u00e9venir les caillots de sang apr\u00e8s un accouchement. Comme le fait remarquer l\u2019auteur de l\u2019article, certaines femmes qui ont eu des complications graves pendant une pr\u00e9c\u00e9dente grossesse pourraient toujours avoir int\u00e9r\u00eat \u00e0 prendre des anticoagulants, mais il est n\u00e9cessaire de mener d\u2019autres \u00e9tudes rigoureuses \u00e0 ce sujet. Dans tous les cas, toutefois, les femmes enceintes qui ont d\u00e9j\u00e0 eu des complications devraient consulter leur m\u00e9decin pour d\u00e9terminer quel est le meilleur traitement.<\/p>\n<p>L\u2019article est intitul\u00e9 \u00ab <a href=\"https:\/\/www.thelancet.com\/journals\/lancet\/article\/PIIS0140-6736(14)60793-5\/abstract\" target=\"_blank\">The Thrombophilia in Pregnancy Prophylaxis Study (TIPPS): a multinational randomized trial of ante-partum dalteparin with no ante-partum dalteparin for the prevention of pregnancy complications in pregnant thrombophilic women<\/a> \u00bb. L\u2019\u00e9tude \u00e9tait financ\u00e9e par les Instituts de recherche en sant\u00e9 du Canada et la Fondation des maladies du c\u0153ur et de l\u2019AVC du Canada.<\/p>\n<h3>Au sujet de l\u2019Institut de recherche de l\u2019H\u00f4pital d\u2019Ottawa (IRHO)<\/h3>\n<p>L\u2019Institut de recherche de l\u2019H\u00f4pital d\u2019Ottawa est l\u2019\u00e9tablissement de recherche de L\u2019H\u00f4pital d\u2019Ottawa affili\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa. Il entretient des liens \u00e9troits avec les facult\u00e9s de m\u00e9decine et des sciences de la sant\u00e9 de l\u2019Universit\u00e9. L\u2019Institut regroupe plus de 1 700 scientifiques, chercheurs cliniciens, \u00e9tudiants dipl\u00f4m\u00e9s, stagiaires postdoctoraux et employ\u00e9s de soutien qui se consacrent \u00e0 la recherche pour am\u00e9liorer la compr\u00e9hension, la pr\u00e9vention, le diagnostic et le traitement des maladies. Les recherches men\u00e9es \u00e0 l\u2019Institut sont financ\u00e9es par la Fondation de l\u2019H\u00f4pital d\u2019Ottawa.<\/p>\n<h3>Au sujet de L\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa<\/h3>\n<p>L\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa soutient activement la recherche de pointe et favorise le d\u00e9veloppement des connaissances bas\u00e9 sur une approche interdisciplinaire. Son engagement envers l\u2019excellence attire les chercheurs les plus prometteurs du Canada et du monde entier.<\/p>\n<h3>Renseignements:<\/h3>\n<p>Kina Leclair<br \/>\nAgente des relations m\u00e9dias<br \/>\nUniversit\u00e9 d\u2019Ottawa<br \/>\n(Bureau) 613-562-5800, poste 2529 ou (cellulaire) 613-762-2908<br \/>\n<a href=\"mailto:kleclair@uOttawa.ca\">kleclair@uOttawa.ca<\/a><\/p>\n<p>Joel Baglole<br \/>\nCommunications et Relations publiques<br \/>\nInstitut de recherche de l\u2019H\u00f4pital d\u2019Ottawa<br \/>\n(Bureau) 613-737-8899, poste 73325 ou (cellulaire) 613-293-1689<br \/>\n<a href=\"mailto:jbaglole@irho.ca\">jbaglole@irho.ca<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 24 juillet 2014 \u2013 Les femmes enceintes qui risquent d\u2019avoir des caillots de sang se font une injection dans l\u2019abdomen chaque jour, mais celle-ci se r\u00e9v\u00e8le inefficace d\u2019apr\u00e8s les r\u00e9sultats d\u2019un essai clinique dirig\u00e9 par des chercheurs de L\u2019H\u00f4pital d\u2019Ottawa et publi\u00e9s aujourd\u2019hui dans la prestigieuse revue m\u00e9dicale The Lancet. 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