Back to Top Repousser ses limites : un soldat canadien mène une vie exceptionnelle avant et après l’explosion d’une bombe artisanale - L'Hôpital d'Ottawa
 

Repousser ses limites : un soldat canadien mène une vie exceptionnelle avant et après l’explosion d’une bombe artisanale

 
Bjarne Nielsen (left) and his daughter in the rehabilitation gym

Pendant sa mission en Afghanistan, Bjarne Nielsen ne se doutait pas qu’un événement allait changer sa vie en une fraction de seconde et le mener à 10 000 km de là à L’Hôpital d’Ottawa.

Le sergent des Forces armées canadiennes dirigeait une patrouille le 1er juillet 2010 lorsqu’un engin explosif improvisé a détoné. L’explosion l’a projeté dans un champ, causant des blessures catastrophiques du côté gauche de son corps.

Il est resté conscient pendant que les autres soldats de sa troupe lui prodiguaient les premiers soins d’urgence. Il a été transporté par hélicoptère dans un centre médical de Kandahar pour y recevoir des soins traumatiques. Les médecins lui ont alors amputé la jambe gauche sous la hanche et soigné une luxure de l’épaule, une fracture au bras et une oblitération du coude.

« Ils m’ont réparé du mieux qu’ils le pouvaient à ce moment, affirme Bjarne. C’était le début de mon cheminement vers la guérison. »

« Je ne voulais pas montrer aux gens que je souffrais, mais j’ai fini par le faire. »

Ce cheminement a compris une dizaine de jours à la base aérienne de Ramstein, en Allemagne, où sa famille est venue à son chevet par avion. Par la suite, il a été transféré au Canada pour recevoir des soins pendant quatre mois au Centre Sunnybrook des sciences de la santé de Toronto et d’autres soins en réadaptation au London Health Sciences Centre (LHSC).

Bjarne a fait de son mieux pour s’adapter à sa nouvelle réalité, mais comme beaucoup de personnes gravement blessées, il a parfois eu de grandes difficultés.

« Je ne voulais pas montrer aux gens que je souffrais, mais j’ai fini par le faire, ajoute-t-il. J’ai parlé de mes difficultés et j’ai expliqué que je vivais beaucoup d’épreuves. J’ai dû me réapproprier mon identité – pas sur le plan mental parce que je suis toujours le même homme. C’est plutôt sur le plan physique, car je ne saute plus d’avions. Je ne défonce plus de portes. »

Il a réussi à remttre sa vie en perspective en pensant aux familles qu’il a aidées en Afghanistan. Une partie de ses fonctions consistait à leur donner accès à de l’eau potable et à leur apprendre à cultiver. Il savait qu’il avait amélioré le sort de ces gens.

Une fois sorti du LHSC, Bjarne a continué à reprendre des forces à la maison en faisant des redressements assis au lit et des pompes inclinées à un bras dans les escaliers.

« Il y a toujours quelque chose que je peux faire, enchaîne-t-il. Mes blessures étaient en voie de guérir et je devenais plus fort. Je me suis dit que peut-être – juste peut-être – que je pourrais commencer à m’intéresser aux prothèses. »

Une connaissance des Forces armées à Petawawa lui a recommandé de communiquer avec le Centre de réadaptation de L’Hôpital d’Ottawa.

Repousser ses limites pour se rétablir davantage

Dre Nancy Dudek
La Dre Nancy Dudek et l’équipe du Centre de réadaptation de L’Hôpital d’Ottawa ont aidé des soldats blessés comme Bjarne à établir un plan de réadaptation adapté à leur situation.

Le Centre de réadaptation de L’Hôpital d’Ottawa dispose d’un programme de réadaptation exhaustif et perfectionné conçu pour les personnes qui viennent de subir une amputation. Chaque patient y reçoit des services de réadaptation personnalisés. Bien des membres des Forces armées canadiennes, y compris Mike Trauner, un soldat devenu athlète, ont bénéficié de l’expertise de médecins, d’infirmières, de prothésistes, de physiothérapeutes, de thérapeutes en loisirs, d’ergothérapeutes, de travailleurs sociaux, de psychologues et d’autres membres de l’équipe de soins pour maximiser leurs capacités.

Dès la première consultation, il était évident pour la Dre Nancy Dudek que Bjarne avait beaucoup de potentiel. La Dre Dudek est directrice médicale du programme pour amputés du Centre de réadaptation de L’Hôpital d’Ottawa et professeure à l’Université d’Ottawa.

« Lorsque je l’ai examiné, il était capable de s’accroupir complètement et de se relever sans appui, se souvient-elle. Il était évident que nous pouvions concevoir un programme de réadaptation pour renforcer ses habiletés actuelles. »

« C’est à ce moment-là que les choses ont vraiment commencé à avancer », confie Bjarne.

« J’ai été très chanceux d’avoir auprès de moi des personnes possédant une telle richesse de connaissances. J’ai pu en apprendre beaucoup en cheminant. »

Réapprendre à marcher à l’aide d’une technologie de pointe

Bjarne Nielsen utilise le système CAREN.
Bjarne a utilisé le système CAREN du Centre de réadaptation de L’Hôpital d’Ottawa pour s’exercer à marcher sur différents terrains.

Bjarne a reçu une prothèse de jambe et a appris à l’utiliser. Il s’est exercé dans le laboratoire de réadaptation en réalité virtuelle de L’Hôpital d’Ottawa, qui comprend des installations de pointe pour l’évaluation, le traitement et la recherche en réadaptation physique. Le laboratoire combine des images tridimensionnelles aussi grandes que la pièce, une plateforme qui bouge à mesure que le patient explore le monde virtuel tridimensionnel, un tapis roulant double commandé à distance et une technologie d’analyse du mouvement de calibre mondial qui permet aux patients d’apprendre à utiliser leur prothèse sur différents terrains en toute sécurité.

Bjarne est passé maître dans l’art d’utiliser le système CAREN.

« Le système propose une variété d’épreuves, comme monter et descendre des pentes à différents angles ou se déplacer rapidement sur un parcours jonché d’obstacles. Il a établi un record pour bon nombre d’entre elles », précise la Dre Dudek.

Bjarne a dû relever certains défis uniques en cours de route. Habituellement, la personne qui apprend à marcher avec une prothèse peut compter sur ses deux bras pour rester stable au début. Comme le bras gauche de Bjarne n’était pas encore fiable, la Dre Dudek et l’équipe devaient veiller à ne pas lui causer d’autres blessures pendant la réadaptation.

Se rétablir entouré d’une équipe

Après six mois de travail acharné au Centre de réadaptation, Bjarne est rentré chez lui, fier d’avoir acquis beaucoup de nouvelles aptitudes et profondément reconnaissant des soins reçus.

Bjarne Nielsen (à l’avant-plan à gauche) et sa fille participent à la Course de l’Armée.
Bjarne remercie profondément chaque personne qui l’a aidé à se rétablir.

« J’ai été très chanceux d’avoir auprès de moi des personnes possédant une telle richesse de connaissances. J’ai pu en apprendre beaucoup en cheminant », ajoute-t-il.

Pull quote: « C’est incroyablement gratifiant de constater que mes patients vont bien et qu’ils sont heureux. De pouvoir jouer un rôle dans cette évolution est très important pour moi. »

Bjarne est très reconnaissant envers tous ceux qui l’ont aidé tout au long de son parcours vers le rétablissement : les soldats qui ont prodigué les premiers soins sur le lieu de l’explosion, sa famille et ses amis, ainsi que les professionnels de la santé à l’étranger et au Canada qui l’ont aidé à atteindre son état actuel. Il sait qu’il n’aurait pas pu y parvenir seul.

« Si la réadaptation est exprimée en pourcentage et que 100 % correspond au rétablissement complet, 49 % de ma réadaptation est attribuable à toutes les personnes qui ont participé au processus : médecins, infirmières, physiothérapeutes, tous les professionnels de la santé, ainsi que ma famille et mes amis. Les 51 % restants, je me les attribue. Je dois avoir la volonté de donner un peu plus que ce que donnent les autres. Je dois vouloir l’aide, accepter l’aide et composer avec l’aide qui m’est offerte. »

Comme beaucoup de personnes qui ont une prothèse, Bjarne continuera de voir la Dre Dudek et son prothésiste à des rendez-vous de suivi.

« Ce que je souhaite à toute personne qui a traversé ce type de situation extrêmement bouleversante, c’est de pouvoir s’en sortir pour entamer une nouvelle vie qui la rend heureuse, explique la Dre Dudek. De pouvoir jouer un rôle dans cette évolution est très important pour moi. »

« Je suis reconnaissant d’avoir la possibilité d’utiliser mes dons pour faire du bien. »

Continuation d’un parcours exceptionnel

Bjarne a pris sa retraite de l’Armée en 2017, mais il continue de se lancer des défis. Il a fait partie d’un documentaire intitulé March to the Pole et portant sur un groupe de soldats canadiens blessés pendant leur tentative de parcourir à ski 125 kilomètres en terrains difficiles pour atteindre le pôle Nord magnétique. Il est aussi apparu à la télévision aux côtés de Mike Holmes pour réparer le toit de la grange de son grand-père. Puis, il a acheté une propriété de 30 acres au Belize avant de la transformer en ferme d’agrumes.

Le groupe de skieurs tient un drapeau.
Bjarne et d’autres soldats canadiens blessés ont atteint le pôle Nord magnétique en skis.

« Il ne faut pas se définir uniquement par ses réalisations ou sa carrière », affirme-t-il. Il y a plus en nous, même après une blessure. J’ai eu une belle carrière épanouissante qui m’a permis d’avoir toutes sortes d’expériences positives. Je suis reconnaissant de pouvoir utiliser mes dons pour faire du bien. »

Il sait que la réadaptation peut être un chemin long et pénible. Il offre un conseil à toute personne qui passe par là :

« Si vous avez la volonté, vous pouvez réussir. Il faut se demander ce que l’on veut, puis faire preuve de patience et de discipline pour y parvenir. »

 
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