Back to Top « Personne ne devrait se sentir seul au travail » : un nouveau réseau aide les employés autochtones à tisser des liens - L'Hôpital d'Ottawa
 

« Personne ne devrait se sentir seul au travail » : un nouveau réseau aide les employés autochtones à tisser des liens

 
Mackenzie Daybutch

Chaque membre du personnel mérite de nourrir un sentiment d’appartenance à l’endroit où il travaille et il y parviendra beaucoup plus facilement s’il tisse des liens avec des collègues de travail.

C’est exactement l’objectif du Réseau des employés autochtones de L’Hôpital d’Ottawa depuis octobre 2021 : procurer un espace sécuritaire aux employés membres de Premières Nations, inuits et métis et leurs alliés afin qu’ils puissent tisser des liens, parler de leurs expériences et célébrer la culture autochtone.

Voici mon échange avec Mackenzie Daybutch, qui est responsable du réseau.

Pouvez-vous nous parler un peu de vous et de ce qui vous a incité à créer le réseau?

Je suis Ojibwée de la Première Nation Mississauga (numéro 8) qui est située dans le Nord-Est de l’Ontario. J’ai le statut d’indienne, je suis membre du clan de l’Ours et je suis une survivante intergénérationnelle des pensionnats. Je me passionne pour les soins de santé, la promotion de la justice sociale et la revendication de services équitables pour les peuples autochtones.

Je suis coordonnatrice de programme au sein du Programme de cancérologie pour les Autochtones. J’espère vraiment que toutes les personnes autochtones et marginalisées auront un jour un lieu d’appartenance dans le secteur médical. Ce réseau pour les employés de l’Hôpital est une façon, pour moi, d’aider à concrétiser cette vision.

Pouvez-vous nous décrire ce réseau?

C’est un espace sacré où des employés autochtones et leurs alliés peuvent passer du temps pour tisser des liens. Ils savent qu’ils seront là-bas avec des gens qui leur ressemblent, qui peuvent les soutenir et qui valorisent notre savoir traditionnel. Ce n’est absolument pas un groupe de travail destiné à faire progresser une série de mesures ou d’actions. L’idée est plutôt de créer des liens.

Nous nous réunissons une heure par mois et nous prenons des décisions ensemble.

Le réseau est un des fruits du travail du Conseil sur l’équité, la diversité et l’inclusion de l’Hôpital. L’engagement est un pilier fondamental de la stratégie de l’Hôpital en matière de diversité et d’inclusion et la création de groupes comme celui-ci pour les employés aide à créer un sentiment d’appartenance et de sécurité.

À qui est destiné le Réseau des employés autochtones?

Il est destiné aux employés de l’Hôpital qui s’identifient comme Autochtones et leurs alliés. Personne n’est obligé de divulguer son bagage culturel s’il ne le souhaite pas. Il y a des personnes qui ont quitté une réserve comme moi et d’autres qui n’ont jamais vécu dans une réserve. Il y en a aussi qui commencent à peine à renouer avec leur culture autochtone.

Les alliés dans le groupe sont aussi diversifiés et représentent différentes cultures et rôles dans l’Hôpital.

Nous avons 25 membres en ce moment qui sont surtout des alliés non autochtones. Nous aimerions un jour avoir autant de membres autochtones et non autochtones.

Pourquoi est-il important qu’un tel groupe existe dans notre hôpital ou tout autre hôpital?

L’histoire entre le système de santé canadien et les peuples autochtones n’est vraiment pas reluisante. Par exemple, il n’y a pas si longtemps, des Autochtones malades étaient emmenés dans des hôpitaux pour Autochtones et y étaient soumis à des expériences. Travailler dans un hôpital peut donc être une expérience intimidante pour un Autochtone. Ils arrivent ici avec un bagage de traumatismes comme cette histoire.

En tant que travailleur de la santé autochtone, on peut aussi avoir l’impression de marcher dans deux mondes. Un pied est dans la médecine traditionnelle et l’autre est dans la médecine occidentale. Faire partie d’un réseau peut donc être réconfortant parce qu’on sait qu’on n’est pas la seule personne à se sentir ainsi.

Je pense qu’il est important que tous les hôpitaux aient des groupes ou des réseaux dédiés aux personnes marginalisées, qu’il s’agisse des peuples autochtones, des personnes 2SLGBTQ+ ou d’autres personnes. Chaque groupe devrait avoir un endroit pour se réunir, échanger et recevoir du soutien. Personne ne devrait se sentir seul au travail.

Le réseau sera-t-il une source de sensibilisation aux questions autochtones pour le personnel hospitalier?

Il est important que tout le monde comprenne que les Autochtones n’ont pas la responsabilité de renseigner les non autochtones sur leur culture. L’apprentissage se fera naturellement au sein du réseau par le biais de discussions de groupe ainsi que par la communication de pensées, de sentiments et d’expériences. Ce n’est toutefois pas l’objectif principal du réseau. Les expériences de nos membres ne sont pas des études de cas à analyser.

Il existe tellement d’excellentes ressources de sensibilisation et de formation. Si un membre du personnel vient nous voir pour en trouver, nous sommes heureux de le diriger vers ces ressources.

Quels types d’activités et d’initiatives le réseau dirigera-t-il dans l’avenir?

Nous adoptons une approche réfléchie quant à la manière dont nous nous développons et aux initiatives que nous prenons. Nous voulons entre autres célébrer la Journée des peuples autochtones, qui est le 21 juin, et la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, qui est le 30 septembre. L’été dernier a été très sombre en raison des nouvelles concernant les corps d’enfants découverts sur les terrains de pensionnats. La Journée des peuples autochtones est toutefois censée être une célébration de la culture. Nous mettons donc l’accent sur la célébration tout en reconnaissant le traumatisme et l’histoire.

Quelles répercussions espérez-vous que le réseau ait dans l’hôpital?

J’espère que les employés autochtones se sentent bien accueillis à L’Hôpital d’Ottawa et qu’ils savent qu’il existe un groupe pour les soutenir et les écouter. J’espère que les patients se sentent plus rassurés à l’idée que ce groupe cherche à apporter des changements positifs pour eux. Grâce à l’éducation organique qui se produit pendant les discussions, je sais qu’il y a une transmission de la connaissance de la culture, des valeurs et de l’histoire. J’espère que le réseau renforce la capacité de chaque membre à fournir des soins empreints de compassion à tous les patients.

Puis-je faire partie du réseau?

Le réseau est toujours ravi d’accueillir de nouveaux membres. Les employés intéressés peuvent communiquer avec moi par courriel à mdaybutch@lho.ca.

Quelques mots de plus sur Mackenzie

Mackenzie Daybutch est coordonnatrice de programme au sein du Programme de cancérologie pour les Autochtones de L’Hôpital d’Ottawa. Elle est diplômée en travail social, en counseling de l’enfant et du jeune, ainsi qu’en études autochtones. Elle possède de l’expérience en protection de l’enfance, en éducation, en gestion de cas et en intervention en cas de crise dans le secteur des organismes sans but lucratif et des pensionnats.

 
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