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Histoire orale de la COVID-19 à Ottawa : Centre d’évaluation pour la COVID-19 à l’aréna Brewer

 
The Brewer Arena sign outside of the building.

Situé à l’aréna Brewer, le tout premier centre de dépistage de la COVID‑19 à Ottawa fête sa première année d’activité le 13 mars 2021. Le Centre, qui a fini par établir la norme pour les autres centres de dépistage et cliniques de soins de la région pendant la pandémie, a été mis sur pied en quelques jours et a ouvert ses portes au public 48 heures après la confirmation du premier cas de COVID-19 à Ottawa.

L’ouverture du Centre a été un moment important dans la lutte contre la COVID-19 à Ottawa. Pour marquer ce jour mémorable, nous en avons parlé avec le personnel de L’Hôpital d’Ottawa, de Santé publique Ottawa et du CHEO.

Avant l’arrivée de la COVID-19 à Ottawa

La COVID-19 est entrée dans la conscience collective en fin 2019, et en début 2020, la communauté médicale d’Ottawa se préparait à son arrivée dans la région.

Dr Andrew Willmore – directeur médical, Mesures d’urgence, L’Hôpital d’Ottawa

« Nous avons appris tôt dans le processus que quelque chose allait arriver. Vous savez, on regarde les nouvelles. »

Natalie Bruce – gestionnaire, Prévention et contrôle des infections, L’Hôpital d’Ottawa

« C’était juste après Noël, lorsque l’Organisation mondiale de la santé a commencé à en parler. Pour moi, c’est là que tout a commencé. Malheureusement, il faut qu’il y ait urgence d’agir pour que le reste du monde y prête attention, mais bien honnêtement, le monde de la prévention et du contrôle des infections sonnait déjà d’alarme. »

Jason Haug – superviseur, Médias sociaux et engagement, Santé publique Ottawa

« Je me souviens que nous avons commencé à surveiller […] ce qui n’était alors qu’une petite zone isolée à Wuhan, mais qui s’est ensuite étendue à la province entière du Hubei, avant de gagner l’Iran et l’Italie. On pouvait voir que le phénomène prenait de l’ampleur. »

Hung Tan – gestionnaire, Gestion des urgences, L’Hôpital d’Ottawa

« Nous sommes entrés en intervention accrue le 29 janvier. Nous tentions alors de prévoir et de planifier quelle serait l’incidence générale sur l’Hôpital, tout en sachant que la situation continuait d’évoluer à l’échelle mondiale. »

Jean Claude Lemonde – directeur, Activités du Service de l’information, L’Hôpital d’Ottawa

« Ce matin-là [le 27 février], j’écoutais religieusement le balado The Daily du New York Times… On y avait bien sûr déjà parlé ici et là de la pandémie à quelques reprises. Mais ce matin-là, il y avait vraiment un grand sentiment d’urgence. Et cela m’a poussé à revoir la façon dont nous allions aborder la question. »

Dr Andrew Willmore

« Nous savions que la tempête arrivait. Nous savions qu’il fallait faire des tests. Nous savions que la maladie se transmettait par les gouttelettes, et que des mesures de santé publique allaient être établies pour tenter de les contrôler, mais nous ne savions pas vraiment ce que tout cela signifiait. »

Natalie Bruce

« Le SRAS, le virus Ebola… je suis allée en Arabie saoudite en 2014-2015 pour le SRMO, j’ai évalué des hôpitaux et des pratiques de prévention et de contrôle des infections. Alors oui, j’ai eu quelques expériences avec des agents pathogènes d’intérêt. Le cas de la COVID-19 est unique. C’est de loin le plus stressant, le plus préoccupant. Et c’est vraiment ma première pandémie; en 20 ans au sein du Service de prévention et de contrôle des infections, je n’ai jamais rien vu de comparable. »

Planification d’un centre d’évaluation

La réalité de la situation s’est imposée lorsque le Canada a confirmé son premier cas de COVID-19 à Toronto, le 25 janvier 2020. Avec l’arrivée officielle de la COVID-19 au pays, les dirigeants de toute la ville se sont réunis pour commencer à préparer la lutte contre la pandémie à Ottawa. Le Service de l’information de L’Hôpital d’Ottawa a dû non seulement planifier le Centre d’évaluation, mais aussi se préparer à la vague de personnel de L’Hôpital qui devait soudainement travailler à domicile.

Dr Alan Forster – vice-président exécutif et chef, Innovation et Qualité, L’Hôpital d’Ottawa

« J’ai suivi de près l’évolution de la situation en Italie, car ce fut le premier pays occidental durement touché par la pandémie et qu’il a publié certaines de ses expériences dans la revue médicale The Lancet. Deux innovations particulières y figuraient : l’ouverture d’un centre de dépistage en dehors des hôpitaux et le recours aux soins virtuels pour soutenir les patients dans divers contextes. La première de ces innovations a fait naître l’idée du centre d’évaluation. Le DJack Kitts [ancien président-directeur général, L’Hôpital d’Ottawa], Joanne Read [vice-présidente, Planification et Services de soutien, L’Hôpital d’Ottawa] et moi-même avons appelé la Dre Vera Etches pour lui présenter l’idée. Il était clair qu’il serait extrêmement utile pour libérer les urgences et qu’il fournirait une ressource indispensable à la population de la ville. Nous avons présenté l’idée au ministère de la Santé de l’Ontario, qui nous a également soutenus. »

Dre Vera Etches – médecin-chef en santé publique, Santé publique Ottawa

« Au début, il s’agissait de comprendre qui devait subir un dépistage et d’interpréter les lignes directrices en constante évolution. Nous avons beaucoup discuté avec les médecins en salle d’urgence qui voyaient arriver des patients, et nous avons ensuite essayé de déterminer l’admissibilité au dépistage. Il y avait toutes sortes de situations où, vous savez, il aurait probablement été logique d’effectuer un dépistage, mais nous devions tenir compte de la directive provinciale. Et d’après nos conversations avec les médecins en salle d’urgence, il était clair que l’urgence n’était pas le meilleur endroit pour les personnes en bonne santé, qui n’avaient pas besoin d’être hospitalisées, mais qui étaient potentiellement atteintes de la COVID‑19. C’est pourquoi, dès le début, nous nous sommes efforcés de leur proposer d’autres points d’accès. »

Cameron Love – président-directeur général, L’Hôpital d’Ottawa

« C’est la première chose que nous avons déterminée : Il n’existait pas l’infrastructure nécessaire pour faire le dépistage dans la communauté. Elle était absolument essentielle pour soutenir la lutte contre la pandémie et devait donc être aménagée et rendue fonctionnelle très, très rapidement. »

Jean Claude Lemonde

« Nous devions nous assurer que nous avions des stocks de matériel informatique et des plans de distribution. Nous avions déjà préparé certains de ces éléments, mais nous sommes passés à la vitesse supérieure et avons vraiment maximisé la préparation. Pour les casques d’écoute, par exemple, nous nous sommes dit : “Bon, si beaucoup de gens travaillent à domicile, nous allons probablement avoir beaucoup de demandes pour des casques d’écoute.” Nous en avons donc commandé une grande quantité quelques semaines avant tout le monde. Nous avons constitué un important stock d’ordinateurs portables, de casques d’écoute, d’équipement réseau pour étendre notre réseau à une clinique externe, d’ordinateurs, d’ordinateurs sur roues, d’imprimantes et d’imprimantes d’étiquettes, entre autres. Tout cela a commencé dès le 27 février, parce que nous savions que l’Hôpital allait échouer si notre équipe n’était pas prête. »

Cameron Love

« C’est l’exemple parfait de la façon dont une communauté se rallie pour faire quelque chose très rapidement : la Ville d’Ottawa a accepté de céder un aréna, de mettre en place toute l’infrastructure et de s’occuper de tout ce qui concerne les installations dont nous avions besoin. Deux hôpitaux, le nôtre et le CHEO, ont réagi au quart de tour pour trouver et affecter du personnel, établir leurs processus de travail et créer un véritable centre de dépistage. Le service d’ambulance a participé de très près au processus, en aidant le personnel et en fournissant de l’assistance si des personnes avaient des problèmes cliniques sur place et devaient être transportées à l’hôpital. Les policiers sont aussi venus prêter main-forte en ce qui concerne la sécurité et la gestion des lieux. »

Dr Alan Forster

« Bien qu’il ait été triste de constater les expériences vécues par la population et nos collègues du secteur de la santé en Italie, leurs leçons nous ont aidé à prendre un bon départ pour gérer la situation. Je suis certain que c’est la rapidité de réaction de notre équipe qui nous a permis d’éviter que cette grave situation ne se reproduise ici. »

Premier cas de COVID-19 à Ottawa

Le premier cas de COVID-19 à Ottawa a été confirmé le 11 mars 2020, après qu’un patient s’est rendu à l’Urgence du Campus Général de L’Hôpital d’Ottawa.

Natalie Bruce

« Ce n’était pas aussi dramatique qu’on pourrait le penser, en raison de toute la planification préliminaire. »

Katie Bourada – superviseure, Relations avec les médias à Santé publique Ottawa

« Je m’en souviens. J’ai reçu un texto qui disait seulement “C’est aujourd’hui”, et j’ai su exactement ce que ça voulait dire. »

Jean Claude Lemonde

« J’étais en train d’acheter du papier de toilette. »

Natalie Bruce

« Je ne me rappelle pas qui m’a appelée, mais je me souviens de l’échange avec notre équipe. Nous avions vraiment fait beaucoup de planification. Donc, même si tout le monde était évidemment anxieux, le travail préparatoire nous a mis en bonne position. Donc la peur, je ne pense pas qu’elle était aussi grande dans l’attente de ce premier cas. »

Julie Turcotte – infirmière responsable des communications en santé publique, Santé publique Ottawa

« Je me rappelle que j’ai commencé à sentir que cela allait dépasser ce à quoi je m’attendais. J’ai ressenti une sorte de vulnérabilité naïve, alors qu’il était clair que le pouls et le rythme du travail évoluaient très, très rapidement. »

Courtney Argue – infirmière, Prévention et contrôle des infections et coprésidente du Comité mixte sur la santé et la sécurité au travail, Campus Civic, L’Hôpital d’Ottawa

« La survenue du premier cas m’a vraiment fait réfléchir. Ça me faisait un peu penser à un film où le personnage principal arrive enfin au sommet de la montagne et affronte son ennemi. Le moment où ils se regardent en plein dans les yeux, sur fond de musique dramatique. Mais ce n’était pas un film. C’était la vraie vie. C’était une expérience de vie ou de mort pour beaucoup de gens. Et c’était une leçon d’humilité de se dire : “Bon. Il est là. Et maintenant?” »

Aménagement du Centre d’évaluation

L’arrivée concrète de la COVID-19 à Ottawa a fait de l’installation du Centre d’évaluation Brewer une priorité absolue. L’équipe du Centre d’évaluation n’a eu que 48 heures pour ouvrir les portes.

Dr Ken Farion – directeur médical, Amélioration de la qualité et des systèmes, CHEO

« Je me souviens d’avoir été approché par le DWillmore, qui m’a dit : « Nous sommes en train de faire ceci et nous aimerions vraiment que le CHEO participe. Pouvons-nous collaborer? » Il m’a donné un bon aperçu de ce qui allait se passer à l’aréna et de ce qu’ils faisaient pour se préparer. C’était tout simplement époustouflant de penser que nous allions mettre sur pied ce centre. J’ai immédiatement commencé à penser à la manière dont nous allions attirer les patients et tirer parti d’Epic, à rassembler les gens, à réfléchir aux processus et à essayer vraiment de comprendre à quoi le centre allait ressembler sans avoir la moindre idée de ce que serait la demande. »

John Trickett – directeur, Dépistage dans la collectivité, L’Hôpital d’Ottawa

« C’était mercredi après-midi, le 11 mars, je crois. J’ai reçu un appel. En gros, le message était : “Nous aimerions que vous mettiez la main à la pâte et que vous nous aidiez à mettre en place un centre d’évaluation”. J’ai demandé : “Qu’est-ce que c’est?” On m’a répondu : “Nous allons soumettre les gens à un dépistage de la COVID‑19 et examiner leurs symptômes en même temps.” Alors j’ai dit : “Eh bien, ça semble intéressant. La COVID présente effectivement un problème. Qu’est-ce qu’on fait?” — “Nous faisons dégivrer une patinoire, et vous devrez y faire entrer votre premier patient d’ici vendredi midi.” Nous étions mercredi après-midi. Disons que ça m’a fait écarquiller les yeux. »

Jason Haug

« Au départ, l’accent a été mis sur l’aréna Brewer, sur l’aménagement d’un endroit centralisé pour les résidants d’Ottawa, et sur l’identification des personnes qui pourraient être testées. Il y avait encore des gens qui revenaient de voyage, alors nous nous posions des questions sur la façon dont le virus se propageait. Nous étions encore en train de déterminer la durée de la période d’incubation. C’était un moment très intéressant à Ottawa, c’est certain. »

Julie Turcotte

« Je pense à l’agilité dont nous devions faire preuve. Nous nous promenions dans le bureau avec des ordinateurs portables et nous nous asseyions au sol dans les cubicules des uns et des autres, en essayant de diffuser le plus d’information possible par tous les canaux à notre disposition, et d’être aussi transparents que possible. Lorsque le dépistage est entré en scène, il est devenu primordial de communiquer cette information clairement et efficacement à tous ceux qui se trouvaient à Ottawa. »

Dr Andrew Willmore

« Honnêtement, nous travaillions à une vitesse vertigineuse. Des centaines de personnes travaillaient littéralement sans relâche. Notre groupe de TI s’est rendu sur place et était présent 24 heures sur 24 pour tout installer, acheminer les lignes, établir la connectivité, afin que nous puissions organiser notre stratégie d’intervention. »

Jean Claude Lemonde

« L’équipe responsable du réseau travaillait avec la Ville pour établir la connexion réseau. Mon équipe s’occupait de l’installation des ordinateurs; elle travaillait avec l’équipe d’Epic [système de dossiers médicaux électroniques] pour aménager la clinique et préparer l’équipement, afin qu’il soit prêt pour le déploiement, parce qu’en dehors de l’équipement physique, il faut aussi mettre en place la clinique virtuellement, dans le système. »

Dr Alan Forster

« Étant donné notre investissement dans Epic, il était logique que nous utilisions ce système pour soutenir non seulement les centres d’évaluation, mais aussi les soins cliniques à l’extérieur de l’hôpital. L’équipe a fait preuve d’une incroyable souplesse pour nous aider à progresser dans un grand nombre de secteurs cliniques. Cela nous a aidés à offrir des soins, en plus de nous fournir une source de données que nous avons utilisée pour suivre l’évolution de la situation tout au long de la pandémie. »

Cameron Love

« Nous avons fait appel à la collaboration urgente de cinq ou six organismes. En temps normal, la planification nous aurait sûrement pris plus d’un an. Pourtant tout a été planifié et réalisé en quelques jours, voire quelques semaines, et nous avions du personnel en place qui effectuait 500, 600, 700, 800 écouvillonnages par jour. C’est un exemple concret de la façon dont le secteur de la santé dans notre ville peut répondre à un impératif absolu que personne ne conteste, et sans que personne ne  cherche à s’attribuer un quelconque mérite. »

Défis

Malgré les mois et les années de planification en vue d’une pandémie, des défis se sont présentés. Pour certains membres du personnel au Centre d’évaluation Brewer, il était question d’infrastructure, d’approvisionnement, de personnel et de santé publique. Pour d’autres, les défis se sont avérés beaucoup plus personnels.

Dr Andrew Willmore

« Nous avons dû lever d’importants obstacles liés à l’infrastructure lors de l’installation. Il a fallu tirer des câbles dans l’aréna pour pouvoir utiliser de notre système de dossiers électronique, pour intégrer les données du Centre à celles de l’ensemble de l’Hôpital. Il fallait élaborer la stratégie de communication avec les autorités de santé publique concernant tous les écouvillonnages que nous faisions et établir un modèle de gouvernance pour le traitement de ces résultats. Ensuite, il fallait déterminer qui en ferait l’analyse et la communication, et qui en parlerait aux patients. »

John Trickett

« Je me souviens que j’étais debout sur le béton encore humide après la fonte de la glace. Je réfléchissais à la manière de faire circuler les gens dans cet environnement, car c’était la question du jour. Nous devions installer l’infrastructure électrique et celle du Service de l’information dans les 12 prochaines heures, mais nous ne savions pas où. Nous avions l’équipement. Mais nous ne savions pas où ni comment le placer. »

Jean Claude Lemonde

« Heureusement, deux membres de l’équipe du Service de l’information avaient des camionnettes, parce que nous n’avions même pas le temps de louer un gros camion pour transporter le matériel. »

Courtney Argue

« Je ne savais rien du Centre Brewer avant le 12 mars. Ce jour-là, je travaillais à l’Urgence du Campus Civic, et mon gestionnaire m’a demandé si je voulais me rendre le lendemain dans ce nouveau centre créé pour faire des tests de dépistage de la COVID‑19. Je me souviens encore à quel point il s’agissait d’une décision importante, car j’habitais avec ma mère. Elle faisait des allers-retours au Campus Civic depuis huit mois. Elle attendait d’avoir une opération majeure, ce qui la rendait très vulnérable à la maladie. Il était essentiel de protéger sa santé pendant cette période. J’avais donc des facteurs personnels à prendre en compte. Mais je pensais aussi à mon expérience en santé et sécurité, en me disant que le Centre serait un bon endroit pour travailler avec mes collègues et leur fournir un milieu sécuritaire alors qu’ils offraient un service essentiel à la collectivité. Je devais composer avec ce grand combat intérieur. Finalement, j’ai décidé d’y aller. »

Jour d’ouverture du Centre d’évaluation Brewer

Le Centre d’évaluation Brewer a officiellement ouvert ses portes à midi le vendredi 13 mars. Avant l’arrivée des patients, des fonctionnaires et les médias ont été invités à visiter l’établissement.

Des photographes prennent des photos du bureau d’inscription du Centre d’évaluation pour la COVID-19 de l’aréna Brewer.
Visite des médias au Centre d’évaluation pour la COVID-19 quelques heures avant son ouverture officielle
La Dre Vera Etches parle au microphone pendant un point de presse au Centre d’évaluation de l’aréna Brewer.
Des membres clés du groupe de travail sur le dépistage de la COVID‑19 d’Ottawa se sont adressés à des médias avant l’ouverture du Centre d’évaluation pour que les citoyens de la région soient au courant de la disponibilité de ce service de dépistage.
Le Dr Andrew Willmore tient un microphone de CTV à l’extérieur du Centre d’évaluation pour la COVID-19 de l’aréna Brewer.
Le Dr Andrew Willmore, directeur médical du Service de la gestion des urgences à L’Hôpital d’Ottawa, a été le responsable de l’intervention en situation d’urgence au début de la pandémie de COVID-19 à Ottawa.

Courtney Argue

« C’était un vendredi 13, bien sûr, parce que c’est la COVID‑19. »

Natalie Bruce

« Je me souviens très bien que le maire était là, avec la médecin-chef en santé publique et des représentants des médias. Et je me suis dit : “Je ne suis même pas inquiète.” Je savais juste que tout allait bien se passer. Et ce fut le cas, dès le départ. »

Dre Vera Etches

« Je me souviens que quelqu’un utilisait une énorme perceuse sur un mur qui devait être déplacé pour que les gens puissent circuler facilement dans une direction. La priorité était la prévention et le contrôle des infections; c’était ce que tout le monde avait en tête. Je me rappelle avoir constaté à quel point j’étais certaine que ce serait un endroit sûr pour y accueillir les gens. Les gens ont réussi à mettre en œuvre une stratégie sécuritaire et professionnelle si rapidement. Je me souviens du sentiment d’être impressionnée et reconnaissante. »

Katie Bourada

« Je me rappelle avoir pensé que c’était incroyable, la rapidité avec laquelle tout ça avait été mis en place. C’était tout simplement formidable. J’étais heureuse de voir tout le travail, toute la collaboration prendre forme. C’était impressionnant de constater que tout le monde avait le même objectif. Que vous travailliez à SPO, à L’Hôpital d’Ottawa ou à la Ville d’Ottawa, au bout du compte, tous se sont ralliés pour faire ce qui devait être fait. »

Joselyn Banks – infirmière gestionnaire (retraitée), L’Hôpital d’Ottawa, et coresponsable au Centre d’évaluation Brewer

« Je suis arrivée à 12 h 45, alors qu’ils avaient ouvert les portes à midi. On m’avait appelée pour que je vienne prêter main forte. Je ne savais donc absolument rien. En entrant, j’ai vu John Trickett, à qui j’ai posé une question au sujet de l’EPI. Il m’a répondu : “Pas de N95 pour l’instant. Habillez-vous, allez à la porte d’entrée,et  commencez à aider au dépistage.” Il y avait déjà environ 200 personnes dans la file d’attente et on avait déjà amorcé le dépistage. »

John Trickett

« En grande partie, on ressentait de la fierté. D’énormes efforts ont été consacrés à l’aménagement, avec la contribution de beaucoup de personnes sur une courte période. Alors c’était très gratifiant de voir cela porter fruit, de regarder le premier patient être testé avec succès, l’échantillon être envoyé au laboratoire et la demande être inscrite dans notre nouveau système Epic. Et quelle fierté de voir ceux qui interagissaient directement avec les médias et qui répondaient à leurs questions, en sachant ce que l’équipe avait fait dans les 48 dernières heures afin que la Ville d’Ottawa puisse évaluer des personnes potentiellement atteintes de la COVID‑19 et les soumettre à un test de dépistage. Nous étions encore une fois à l’avant-garde. »

Dr Ken Farion

« La fin de la journée a été le début de la soirée pour moi. J’ai quitté l’aréna Brewer. J’ai emporté un tas de choses, puis je les ai apportées à mon bureau au CHEO. J’ai travaillé pendant de nombreuses heures pour peaufiner les processus et les documents et toutes les choses auxquelles nous avions pensé ce jour-là qui n’étaient pas encore tout à fait au point. J’ai examiné comment nous allions les corriger et ce qui devait être corrigé en premier. J’ai rédigé des listes, envoyé des courriels et recruté des gens jusqu’à 22 ou 23 heures. J’ai fini par me dire que je devais rentrer chez moi dormir un peu parce que j’allais y retourner le lendemain matin et que nous serions au deuxième jour. »

Premiers jours

Le 13 mars a été l’aboutissement de mois de planification et de jours d’installation, mais lorsque les portes du Centre d’évaluation se sont enfin ouvertes et que les patients ont commencé à affluer dans l’aréna, le travail le plus difficile a commencé.

Hung Tan

« Mais ensuite, naturellement, le bonheur et la joie se sont transformés en questionnement : Comment maintenir cela? Comment l’élargir? Quelles sont les prochaines étapes en ce qui concerne nos hypothèses de planification? »

John Trickett

« Nous avons passé beaucoup de temps à la fin de chaque journée à réfléchir à ce qui avait fonctionné ou non, et à ce que nous allions faire le lendemain. Le Dr Ken Farion persistait à modifier notre procédure opérationnelle normalisée vers minuit. Nous transmettions ensuite les changements à tout le monde à 8 h chaque matin. L’une des façons d’améliorer le processus consistait à en assurer l’uniformité et la communication. »

Rosemary Bickerton

« Durant les premiers jours, notre niveau d’anxiété et celui du public, de nos familles et de notre personnel étaient très élevés, car tout était si nouveau. Lorsque nous étions là à gérer le Centre d’évaluation, nous étions des leaders, nous tentions de garder notre calme et d’inculquer des mesures de sécurité à tout notre personnel. Et bien sûr, il fallait utiliser le bon EPI et l’utiliser correctement, sans parler des membres du public et des files d’attente, et des patients : beaucoup d’entre eux étaient très malades en mars. L’un des aspects les plus difficiles consistant à devoir refuser certaines personnes et leur dire “Non, je suis désolé, vous ne pouvez pas être testé parce que vous ne répondez pas aux critères.” »

John Trickett

« Il a fallu plusieurs semaines, voire des mois, avant que l’équipe ne commence à se stabiliser, car il y avait de nouveaux membres tous les jours. »

Joselyn Banks

« Je me souviens que durant la première fin de semaine d’ouverture, Rosemary faisait le tour avec sa planchette pour savoir qui était là, qui devait être payé, combien d’heures chaque personne avait travaillées. Elle écrivait tout ça à la main sur sa planchette. Nous n’avions pas de feuilles de route pour le personnel. Rosemary essayait de savoir quels responsables à l’accueil pouvaient revenir le lendemain et elle le notait avec son stylo et sa planchette. »

Conséquences du centre d’évaluation

Le Centre d’évaluation Brewer a servi de prototype pour d’autres centres d’évaluation et cliniques de soins un peu partout dans la région. Avec le temps, il a également servi de point de déploiement pour le personnel chargé de mener des tests de dépistage dans les foyers de soins de longue durée et les cliniques mobiles.

Dre Vera Etches

« C’était un endroit vers lequel les gens se tournaient pour trouver de bonnes pratiques et un apprentissage continu. À mon avis, le Centre Brewer se distingue parce qu’il n’a jamais cessé de gagner en efficacité. Et dans le secteur de la santé publique, en tant que responsables des communications et d’agents de liaison avec le public, nous recevons souvent beaucoup de commentaires de la part des clients qui utilisent les centres de dépistage. L’équipe du Centre Brewer a toujours cherché à savoir comment elle pouvait appliquer ces commentaires et continuer à s’améliorer. Je pense que le Centre a également servi de modèle pour ce qui est de l’adaptation à une situation en constante évolution. »

Dr Ken Farion

« Le Centre d’évaluation est devenu une plaque tournante essentielle de l’activité de dépistage et de beaucoup d’autres activités. Il ne s’agissait plus seulement de tests de dépistage. Il était aussi question d’élargir les tests aux soins de longue durée et de transmettre nos connaissances à d’autres organisations en dehors de notre secteur à Ottawa, dans la région et dans la province. Nous avons été perçus comme des pionniers dans de nombreuses facettes de notre travail. Et tout a commencé à l’aréna Brewer. »

Rosemary Bickerton

« Les milieux de soins de longue durée ont tellement souffert au début et tout au long de la pandémie. Les aînés et les préposés aux soins personnels qui travaillent dans le secteur avaient besoin d’aide. On nous a donc confié la tâche. On nous a dit : “Nous déployons maintenant des équipes mobiles de personnel infirmier, de préposés aux prélèvements et de gestionnaires. Vous allez vous rendre dans deux ou trois foyers de soins de longue durée aujourd’hui. Et vous allez y tester 600 ou 700 patients et membres du personnel.” »

Lueur d’espoir

Pour beaucoup, la pandémie a été synonyme de douleur, de perte et de souffrance considérables. Mais devant le désastre, l’équipe du Centre d’évaluation Brewer parvient toujours à trouver du positif au quotidien.

Natalie Bruce

« C’est difficile d’exprimer à quel point le travail d’équipe était extraordinaire. En faire partie a vraiment été l’un des points forts de ma carrière. J’ai pu voir des liens se nouer si rapidement en moment de crise. Et ces liens persistent encore avec certaines des personnes qui étaient aussi là au tout début. »

Hung Tan

« J’ai eu le privilège de travailler avec une équipe formidable et un groupe de leaders exceptionnels, tant de l’Hôpital que d’ailleurs dans la collectivité. Et j’ai vu les choses remarquables que des gens très talentueux ont été capables de réaliser ensemble. »

John Trickett

« Nous avons eu de petites réussites, et nous les célébrions quand les choses allaient bien. Nous regardions le décompte de la journée, ou le nombre de plaintes à la baisse. Ou encore, nous regardions les sourires sur les visages des employés lorsque des pizzas gratuites arrivaient. Tous ces petits moments de bonheur nous accordaient le sentiment d’avoir réussi quelque chose. Ils nous signalaient que nous avions fait quelque chose de bien. »

Rosemary Bickerton

« Malgré la peur, la tristesse, nous avions quand même des fous rires et nous partagions des moments uniques. Chose certaine, l’expérience nous a soudés. Nous sommes devenus comme des meilleurs amis. Et même si certains d’entre nous n’avaient jamais travaillé ensemble auparavant, nous sommes désormais tissés de façon très serrée. Nous avons là un lien très spécial ensemble. »

Dr Andrew Willmore

« En terminant, j’aimerais exprimer à quel point cela a été un privilège inouï. J’ai eu le grand privilège d’ouvrir le premier centre d’évaluation pour la COVID-19 et de le voir évoluer jusqu’à la mise en place de la vaccination du personnel soignant à l’Hôpital. Cette pandémie , aussi difficile soit-elle, nous a en quelque sorte montré que nous pouvions nous retrousser les manches et affronter cette nouvelle menace tout en assurant la sécurité de tous. Les gens avec qui je travaille sont extraordinaires. Les partenaires que nous avons à la Ville d’Ottawa, à Santé publique Ottawa, le personnel du CHEO… c’est tout simplement merveilleux de faire partie d’une telle équipe. Un véritable privilège. »

Le Centre d’évaluation pour la COVID-19 à l’aréna Brewer a été le fondement de l’intervention contre la pandémie à Ottawa et il n’aurait pas pu voir le jour sans le travail inlassable de tous les partenaires régionaux. Nous continuerons de travailler ensemble pour vacciner les gens de notre région pendant que nous passons à la prochaine étape de l’intervention contre la pandémie de COVID‑19.

Pour entendre la suite des entrevues réalisées, écoutez l’épisode sur l’ouverture du Centre d’évaluation pour la COVID-19 de l’aréna Brewer (en anglais) du balado On Call de L’Hôpital d’Ottawa.

 
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